Lourd Silence «Trop de femmes dans trop de pays parlent la même langue : le silence» Anasuya Sengupta, poétesse indienne
Petite fille, j'avais entendu dire que des femmes et bien d'autres avant elles avaient, à travers les siècles et les continents, mené une révolution pacifique pour faire de la femme l’égale de l'homme. Soixante ans ont passé et je suis à me demander où en est l’égalité entre les sexes et comment se fait-il qu’il y ait autant de violence envers les femmes? Il est douloureux de constater aujourd’hui encore l’ampleur de la misogynie, du sexisme et de la violence (et plus particulièrement de la violence sexuelle) que les femmes vivent toujours et encore ici comme ailleurs. La violence sexuelle est une arme de destruction massive des femmes… tolérée socialement et très bien camouflée. Chez nous, au Québec, dans une société qui se dit et se pense égalitaire, quelle est la valeur réelle attribuée aux femmes? Les œuvres et installations de cette exposition sont le reflet d’innombrables lectures et recherches, d’observations et d’échanges sur le sujet «femme». «Lourd silence», regroupe différentes installations associant les pratiques de la sculpture, de l’estampe, du dessin1, de la couture et du collage à celle plus virtuelle d’une projection au sol. Bronze, papier et cire se côtoient dans une atmosphère calme portée par une réflexion profonde. J’expose respectueusement des parcelles de la violence que la femme peut subir dès son enfance, en approchant celles-ci (viol, inceste, excision, traite, violence conjugale…) discrètement, de la même manière dont ces violences se vivent derrière les murs, au quotidien, depuis toujours. Il est lourd le silence des femmes, douloureux et résilient.
Je souligne que l'œuvre «En sourdine», 7 maisonnettes, a été réalisée suite à des échanges épistolaires avec sept femmes victimes de violence conjugale référées par un Centre d'aide.
Cette exposition a été présentée en 2024 au Centre d'exposition de Val-David (Laurentides) puis, en 2025, au Musée Marius-Barbeau (Beauce) et à l'Espace Pierre-Debain (Gatineau).